Les circonstances de la vie ou les actualités font qu’à un moment donné le cinéma vous rappelle qu’il s’est intéressé à tel ou tel sujet de société et a tenté d’en transmettre les émotions.

L’Alzheimer, maladie cruelle tant dans son pronostic d’incurabilité que dans les mystères controversés de ses origines, a fait l’objet, ces dernières années, de diverses tentatives de représentation allant du récit biographique (Iris) au polar (De Zaak Alzheimer’s , Cortex) en passant par une approche plus intime (Away from her).
Le premier film qui m’a marqué fut IRIS, en 2001, réalisé par Richard Eyre avec Judy Dench, Jim Broadbent et Kate Winslet.
Je ne connaissais pas du tout la romancière anglaise Iris Murdoch ni son oeuvre, ni qu’elle mourut de l’Alzheimer à 79 ans avant de découvrir ce film. Le film , usant d’allers et de retours, entre la jeune femme, créative, indépendante et novatrice, intellectuelle de haut vol, et la femme d’âge mur, auteur reconnu, saisissant parfaitement la détérioration mentale vers laquelle elle s’achemine inexorablement est un touchant portrait de la lutte d’une femme (et d’un couple) contre la maladie.
Cet extrait en est une illustration :
La BA Internationale Bande-annonce internationale
Plus récemment, le film de Sarah Polley en 2006, AWAY FROM HER

avec Julie Christie, mettant en scène l’histoire d’un couple (Comme pour IRIS) affrontant la maladie et tentant de s’adapter aux bouleversements qui s’en suivent, me ramenait à des choix essentiels, et à l’acceptation :
Dans ces deux films (nord-américains) cependant, on peut percevoir comme une vision un peu altérée, si ce n’est élitiste de la représentation de la maladie et de son environnement; Ils réunissent des personnes venant de milieux privilégiés, avec des parents, des conjoints plutôt compatissants, comprenant la maladie, ayant tout au moins un un accès intellectuel vers elle. Une vision assez cinématographiquement idéale au final.
Le cinéma européen à travers deux autres films porte un regard un peu plus plus décalé sur cette maladie. La maladie existe mais n’est pas une fin en soi; Le malade, l’individu, sa personnalité, reste jusqu’à la fin prépondérente, s’illustrant non plus en tant que personne malade mais en tant que personne continuant à agir, doutant, prenant parti dans la solitude de sa maladie… ; le contexte dramatique de l’action choisie dans ces deux films est l’univers du polar, à travers ce film belge (2003) de Erik Van Looy, De Zaak Alzheimer ou Cortex de Nicolas Boukhrief (2008)
Ces deux derniers films arpentent évidemment le même thème… la mémoire et la perte de cette mémoire. Ils la replace, contrairement aux deux autres films nord-américains, dans un contexte plus basique, plus tribal, plus violent et désespéré parfois… La lutte organique et éternellle contre le Mal(adie), moteur fondamental et fédérateur de toute société humaine. La maladie sort du noyau clos des proches et se frotte à la société, non plus comme une plaie mais comme une anomalie sacrée ayant sa place, et nous permettant de continuer à voir… Prisme ? Grââl ? A chacun son analyse.
De Zaak Alzheimer : De Zaak Alzheimer
La BA internationale :
Dans le même ordre d’idée, Cortex amène André Dussolier à lutter et à probablement trouver un sens à sa maladie en affrontant de l’intérieur d’une maison de soins un tueur en série.
La MEMOIRE est un thème qui a fait les beaux jours du cinéma, depuis Rosebud dans Citizen Kane, jusqu’à Memento de Chris Nolan. Et il y en a bien d’autres…
En attendant, en souvenir de ces deux films :

