De Shirley Temple à Donnie Darko

Années 30s : Shirley Temple incarne la petite fille parfaite qui ravit les foules et rassure les familles dans le monde entier… Années 40s, Mickey Rooney et Judy Garland,  comédiens adolescents,  moulés à Hollywood, nous allège des blessures de l’après-guerre,

Années 2000s… Jake Gyllenhaal incarne un ado schizophrène dialogant avec un lapin fluo dans Donnie Darko… Fluo ?

Oups… Comment en est on arrivé là ? Voyons cela… (mais à la louche, ceci n’est pas une liste exhaustive comme on dit…)

Les années 50s amenèrent à considérer les adolescents autrement que comme un public passif, consommateur de chansons, de danses, de pop-corn et de bons sentiments…

Un des premiers cinéastes qui s’intéressa à montrer la déprime adolescente et leur mal être fut Elia Kazan en 1955 avec East of Eden – (A l’est d’Eden), film qui sanctifia James Dean comme figure de proue de l’adolescence “rebelle et névrosée”… et en fit aussi, bien malgré lui, un produit de marketing qui perdure… au-delà de son réel talent d’acteur…

 

Le pendant féminin de James Dean, Elia Kazan le retrouva quelques années plus tard avec Nathalie Wood en 1961 dans Splendor in the Grass (La fièvre dans le sang)… Jeune femme post-ado enfermée pour avoir voulu poursuivre une idylle désapprouvée par ses parents…

En 1959, Mankiewicz avait aussi signé Soudain l\’été dernier avec Elizabeth Taylor, Montgomery Cliff et Katharine Hepburn (adapté par T. Williams et al.) et qui conte la décompensation post-traumatique d’une jeune fille (Taylor) ayant assisté au meurtre du cousin homosexuel dont elle était éprise

Il est a noter que dans les derniers films précités, l’âge de ces jeunes gens oscille volontairement entre la fin de l’adolescence et l’âge adulte, aucune claire distinction n’était ostenciblement visible (physiquement ou dans le phrasé adulte) , comme si le moment de “l’adolescence” n’était pas encore, à l’époque de la création et de la sortie de ces films, complètement dissocié et accepté par la société.

Il a fallut attendre les années 70 et 80 et suivantes  pour que le cinéma s’intéresse réellement et de plus près aux maux et pathologies mentales touchant les adolescents… et les affiche plus visiblement, plus violemment.

Robert Redford choisit ainsi de mettre en scène la profonde dépression et les tentatives de suicide d’un adolescent dans Ordinary People (Des gens comme les autres)  en 1980.

Peter Jackson (bien avant de devenir le “Maître de l’Anneau”) fait de l’épopée névrotique et matricide de deux jeunes filles le sujet de son film dans Heavenly Creatures (Créatures Célestes) en 1995 :

Richard Kelly en 2001 avec Donnie Darko nous projette dans l’univers d’un jeune homme schizophrène

En 2000, Sofia Coppola dans : Virgin Suicide donne un autre coup de pied dans les valeurs de la famille américaine idéale à travers le suicide collectif de cinq soeurs

En 1996, Alain Berliner se risque à aborder une période transitoire : le mal-être enfant/pré-ado quant à son appartenance sexuelle dans Ma vie en rose

Gus Van Sant en 2003, nous remémorre avec Elephant le massacre du lycée de Columbine (évoqué par Michael Moore dans Bowling For Columbine (sur daily motion) en 2002 …)

POUR CONCLURE…

A propos Martine

Bibliothécaire médicale, spécialisée en psychiatrie-santé mentale et fan de cinéma / Mental health librarian, fan of cinema
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4 réponses à De Shirley Temple à Donnie Darko

  1. Igor Thiriez dit :

    Belle revue cinématographique…!

  2. Lana dit :

    Je trouve le sujet de ce blog très intéressant!

  3. Martine dit :

    Merci Lana

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